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Mon AFRIQUE

FRANCE / VÉRONIQUE DIARRA NOUS PRÉSENTE L'AMAZONE AGNONLETE

by Alain mouaka


Posté le August 13, 2019 12:43 | Vues 225


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Pensées Noires : Véronique Diarra Pensées Noires magazine est heureux de partager ces prochaines minutes avec vous le temps d’une interview.

Véronique Diarra : J'en suis très honorée et je vous remercie.

 

Pensées Noires : Vous êtes écrivaine, présentez vous aux internautes qui vous découvrent à cet instant.

Véronique Diarra : Je suis Véronique Diarra, née Véronique Kaya, ivoirienne d'origine burkinabé et congolaise. J'ai, fait mes études et ai travaillé à Abidjan en tant que professeur de français. Puis je suis venue en France où j'ai continué à enseigner. Un jour, l'envie d'écrire m'est venue, l'inspiration m'a saisie. Elle ne me quitte pas. Je vis maintenant en région parisienne. Je suis l'heureuse maman de deux filles.

 

Pensées Noires : Vous devez en ce moment susciter la curiosité de nos lecteurs, comment on en arrive à faire de l’écriture sa profession ?

L'écriture est d'abord une passion, un désir de partager des idées, des convictions, des évasions avec un lecteur inconnu qu'on espère transformer en "ami fictifs mais réel". Un sujet interpelle, on s'imprègne d'inspiration et on s'exprime, on embarque sur un "vaisseau" pour un voyage imaginaire.   Cependant, il n'est pas possible de "vivre de sa plume" tant qu'on n'est pas reconnu et célèbre dans le milieu de la littérature. Il faut avoir une autre source de revenus. Devenir écrivain professionnel est un défi qui demande beaucoup de patience et d'efforts.

 

Pensées Noires : on vous doit un nouvel ouvrage titré Agnonlété, une vie d’amazone , avant d’en savoir un peu plus, parlez nous de vos dernières parutions ?

J'ai commencé avec "Shuka la danseuse sacrée". Ce premier roman présentait le début de l'esclavage au XVIème siècle en utilisant des pays imaginaires situés en Afrique et en Europe.      Shuka, ravissante demoiselle de noblesse danse pour le génie protecteur de son royaume : le richissime Mogambi. Une guerre éclate. Après une cuisante défaite, un séduisant diplomate européen se présente au Mogambi. Il prétend solliciter un traité de paix mais s'arrange pour soutirer des renseignements sur Shuka la danseuse sacrée et la rencontrer. La jeune fille découvrira-t-elle à temps son plan machiavélique? Le second roman est "Non je ne me tairai plus". Dans la France actuelle, en région parisienne Audrey, une collégienne africaine est la victime de Zoé et sa bande. Ces  petits "français du terroir" la poursuivent, l'insultent, la menacent, la tourmentent de mille façons. Dans ce récit, le problème du harcèlement moral et du racisme au collège sont posés. A travers les mots, un message est adressé aux jeunes et aux adultes pour chasser ces fléaux du milieu scolaire français.

 

Pensées Noires : Agnonlété, une vie d’amazone on y perçoit une reconnaissance à la valeur des femmes africaines, mais de quoi nous parle cet ouvrage ?

"Agnonlètè une vie d'Amazone" parle de l'Afrique Impériale. Cette Afrique d'autrefois, méconnue aujourd'hui, était faite de puissants royaumes et de fabuleux empires. Elle a été détruite par l'Europe esclavagiste et conquérante. Sachons-le: l'Afrique impériale a résisté, même si cette résistance n'a pas triomphé faute d'armes à feu. Des femmes se sont distinguées dans cette lutte: elles étaient guerrières, elles étaient reines. J'ai saisi l'occasion de parler des puissantes Amazones fon de l'actuel Bénin et de la merveilleuse reine N'Zinga M'Bandé de l'actuel Angola. Dans "Agnonlètè une vie d'Amazone", je mets en valeur le grand rôle des Femmes Africaines dans le combat contre l'envahisseur venu de l'autre côté de la mer.

 

Pensées Noires : « Agnonlété » est une pure invention de votre imagination, comment en est elle arrivée à être le centre de cette histoire ?

Agnonlètè est le premier personnage qui apparaît dès le premier chapitre. Avec elle, le lecteur découvre la vie des Amazones, leurs principes, leur performances physiques, leurs stratégies de guerre, leur vaillance au combat. Puis, Agnonlètè est amenée à se déplacer, ce qui permet au lecteur de découvrir d'autres royaumes et paysages. Elle conduit le récit du début jusqu'à la fin.

 

Pensées Noires : Amazone fait référence aux femmes combattantes du Dahomey, clin d’œil donc à l’histoire africaine, il y’a-t-il un parallèle avec la femme contemporaine africaine ?

 "Amazone" est en fait un mot qui désigne un groupe de femmes de la Grèce antique. Elles formaient une armée redoutable qui régnait sur une île et terrifiait les hommes. Par extension, ce mot "amazone" désigne toute femme combattante. Les guerrières issues du groupe ethnique fon du Bénin étaient appelées Mino ou Nômiton, ce qui veut dire mères et protectrices. On les disait aussi Ahouangansi: femmes meneuses de guerre. Le parallèle avec la femme contemporaine est celui-ci: les Femmes, en particulier les Africaines sont toutes des Amazones. Leur condition est difficile à assumer quelle que soit leur niveau social mais elles arrivent à relever tous les défis.

 

Pensées Noires : Agnonlété, une vie d’amazone ne serait-ce pas une main tendue à l’Afrique afin de renouer avec son histoire ?

Pour le lecteur africain que j'espère rencontrer, "Agnonlètè une vie d'Amazone" n'est pas seulement une main tendue. C'est une exhortation.  Je déclare aux africains que chacun a besoin de connaitre sa culture, son passé, d'être convaincu que ses ancêtres sont illustres. En plaçant bien haut son estime de soi il devient possible à tout être de réaliser des exploits parce qu'il croit en lui-même. L'Africain doit se détourner des mensonges dont on l'a abreuvé pendant des siècles. Il n'est pas fils de Cham, le mauvais fils de Noé, l'ignorant, le misérable, condamné à la laideur et à l'esclavage. Si l'Africain prend conscience de sa grande valeur, Il se reconnecte avec son passé glorieux et trouve confiance en lui-même. Voici qu'il prend en main l'avenir de son continent.

 

Pensées Noires : Agnonlété , votre personnage, nous plonge dans son monde de femme mais nous force avec subtilité à s’intéresser aux femmes de notre histoire, cela nous renvoi à une question, l’Afrique parle t-elle de ses femmes ?

A mes yeux, l'Afrique ne parle pas assez de ses Femmes. Elles sont le socle du foyer, le pilier de la société, mais à cause des idées préconçues de certains hommes, et de leur propre résignation, elles restent dans l'ombre. Dans chaque royaume africain d'autrefois, il y eut des Femmes de pouvoir. Souvenons-nous de la reine Hatchepsout qui gouverna l'Egypte comme un pharaon jusqu'à la majorité de son beau-fils. Puis il y eut des reines qui guidèrent leur peuple vers un territoire nouveau, pour y vivre en paix, comme la souveraine Abla Pokou des baoulé de Côte d'Ivoire. Vinrent ensuite les résistantes qui s'opposèrent aux européens comme la princesse Agualtune Ezgondidu de l'empire Kongo qui s'opposa farouchement aux portugais. Enfin plus près de nous, certaines femmes, simples épouses, manifestèrent pour exiger la libération de leurs maris incarcérés par les colons français en Côte d'Ivoire. D'autres femmes, au Zaïre, marchèrent pour interdire à leurs pères, maris, frères et fils de s’entre tuer dans une guerre civile. Aucun n'osa bouger. Tous se calmèrent et déposèrent ses armes. Comment se fait-il que les livres d'histoires des élèves africains parlent si peu de ces Dames admirables? Elles sont un exemple pour la jeunesse en général et pour les filles en particulier. Je profite de cette occasion pour demander que l'on cesse, dans les familles africaines, de défavoriser les filles au profit des garçons en ce qui concerne l'école et les formations professionnelles.

 

Pensées Noires : Agnonlété, une vie d’amazone nous réserve encore des surprises , des projets sont en cuisine nous dit-on,  dites nous en un peu plus

C'est vrai. Agnonlètè n'a pas dit son dernier mot. Elle prend d'abord le temps de se faire suffisamment connaitre des lecteurs francophones. Bientôt, les anglophones la découvriront car une traduction est en cours. Je vous annonce qu'Agnonlètè songe à apparaître dans une série télévisée ou un dessin animé destinés aux téléspectateurs africains et à tous ceux qui veulent découvrir notre culture. Si les retours sont ceux que j'espère, Mes recherches et mes idées sont déjà prêtes pour rédiger une suite qui passera aussi sur les écrans des télévisions. 

 

Pensées Noires : Véronique Diarra où peut-on  se procurer votre ouvrage ?

On peut commander mon ouvrage à la Fnac ou chez un libraire de France. En Côte d'Ivoire, mon correspondant est JD éditions à Abidjan, quartier Yopougon Gabriel gare. Contactez monsieur Derbé 07 81 51 47 si vous avez du mal à situer cet établissement. Vous avez aussi la possibilité de vous procurer le livre ou sa version électronique en allant sur le site internet librairieleneuf.fr 

 

Pensées Noires : Agnonlété, une vie d’amazone est un plus pour les femmes africaines, un conseil à leur endroit ?

Je demande aux Femmes Africaines de prendre en main leur destin. Qu'elles aient conscience de leurs grandes qualités et de leur inestimable valeur. Elles ont pour elles la vertu, l'intelligence, la beauté. Qu'elles évitent donc de se fourvoyer dans des comportements indignes au nom d'une prétendue modernité. Qu'elles utilisent leur savoir pour participer au développement de leurs pays. Enfin , qu'elles soient fières de leur beauté naturelle, de leur teint, de leurs cheveux, des coiffures qu'elles sont les seules à pouvoir porter. Qu'elles n'oublient pas de mettre en valeur la diversité de leurs tissus et ornements traditionnels et qu'elles jouent de leur créativité en réalisant des métissages culturels dans le domaine de la mode et la mise en beauté.

 

Pensées Noires : Depuis quelques années on sent que la génération nouvelle africaine se donne à fond pour son continent, vous en faites partie bien évidement Véronique Diarra, un souhait pour l’Afrique ?

Je souhaite que l'Afrique renaisse. Elle a été agressée à partir de 1440 quand les portugais ont commencé à longer et attaquer ses côtes. Les autres européens ont suivi, on connait la suite. La nuit de l'esclavage est tombée sur l'Afrique. En 1885, renonçant à l'esclavage qui devenait gênant, des dirigeants européens décidèrent de se partager ce grand et richissime continent alors qu'il ne leur appartenait pas. Au vingtième siècle, l'indépendance a été accordée. Mais les conditions furent telles que beaucoup de ressortissants d'Afrique fuient actuellement leur continent au péril de leur vie. Tout cela doit cesser. Il n'est plus question de demander de l'aide à qui que ce soit. Les africains devraient plutôt produire ce qu'ils consomment et consommer ce qu'ils produisent. Leurs matières premières, si elles ne sont pas transformées sur place doivent être vendues à un juste prix. A l'abri de toute dépendance extérieure, Les africains pourront bénéficier d'un commerce international équitable. Je souhaite aussi que la culture africaine s'épanouisse et rayonne, que l'Africain soit vu à travers le monde comme un visiteur respectable et non comme un nécessiteux. C'est tout cela que j'appelle la renaissance africaine.

 

Pensées Noires :  Pour finir Véronique Diarra vous vivez en Europe en France pour être plus précis, quel rapport les femmes africaines de la diaspora ont avec l’Afrique d’après vous ?

Selon moi, les africains de la diaspora ont un rapport étroit avec l'Afrique. Ils aident beaucoup leurs familles et parfois, ils investissent pour favoriser le développement du pays. Pour ce faire, ils s'unissent pour construire des infrastructures scolaires et sanitaires dans leur village ou ville d'origine. Des africains d'Europe fondent des "start up" ou créent des événements pour valoriser l'image de leur continent. D'autres préparent leur retour "au pays" dans le but de créer une société qui donnera des emplois et une impulsion économique au continent. Malheureusement, ces jeunes entrepreneurs africains sont encore peu nombreux et peu soutenus. L'idéal serait de créer en Europe et en Afrique des structures qui favorisent leur épanouissement et encouragent d'autres projets. En effet, si de génération en génération, on ne cesse d'enrichir les agences de transfert d'argent, il n'y a pas d'évolution pour notre continent.  Les uns restent dans leur pauvreté, les autres n'évoluent pas dans leur vie et limitent celle de leurs enfants. Associer solidarité, rigueur et action pour le développement de l'Afrique serait un principe déterminant. En établissant de tels habitudes, les africains installés en Europe et les africains restés sur leur continents auront des relations constructives. Ils réaliseront de grandes choses.


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