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TOGO / « ODYSÉES AMOUREUSES » DE ZOM ROMKYNA

by Alain mouaka


Posté le November 6, 2021 17:03 | Vues 186


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C'est une première, un écrivain d'Afrique subsaharienne reçoit le plus prestigieux des prix littéraires français, le prix Goncourt. Le sénégalais Mohamed Mbougar Sarr auteur du livre intitulé "La plus secrète des mémoires" est celui à qui l’on doit cet exploit. Cette consécration est lourde de sens pour la jeunesse africaine, elle nous dit que c’est possible quand on a la volonté et la détermination. La volonté et la détermination, deux attitudes que négocie bien le Togolais Ayéna Komlan Roméo, lauréat du prix CEBELI 2020, concours panafricain d’écriture (poème) sur la thématique Afrique qui connaitra sa 3em édition entre Mars/Mai 2022 à l’occasion de la Journée Internationale de l’Afrique célébrée chaque 25 Mai. Depuis lors il, Ayéna Komlan Roméo, n’a point chômé. Cette année connait la sortie de son premier roman « Odysées amoureuses » sous la signature de Zom Romkyna . A 7 mois de l’édition 2022 du concours CEBELI, le jeune écrivain a bien voulu se confier à la rédaction de Pensées Noires magazine.

 

Pensées Noires : Ayéna Komlan Roméo, vous êtes le lauréat 2020 de la première édition du concours panafricain d’écriture sur la thématique Afrique dénommé « CEBELI » initié par Pensées Noires magazine, que gardez-vous de ce concours ?

Ayéna Komlan Roméo :  Bonjour et merci pour cette opportunité qui m’est donnée de m’exprimer entre vos lignes. Tout d’abord je tiens à dire merci au comité d’organisation du concours CEBELI, je n’oublie pas les membres du jury et tous les candidats qui se sont inscrits en 2020 comme moi. Ce fut un concours passionnant et révélateur de mon talent au grand public. Je pense même que ce fut une motivation pour l’avenir.

 

Pensées Noires : Vous étiez étudiant en cycle philosophique lorsque vous avez concouru, que faites-vous aujourd’hui ?

Ayéna Komlan Roméo : Je suis séminariste au Grand-séminaire Saint Jean- Paul II de Hedzranawoe à Lomé (capitale du Togo). Après mes études philosophiques, j’ai continué ma formation en cycle théologique.  Je veux devenir prêtre pour participer à la mission salvifique des âmes.

 

Pensées Noires : Vous êtes un amoureux de la langue de Molière dites-vous, comment est né cet amour entre les mots et vous ?

Ayéna Komlan Roméo :  je suis tombé amoureux de la littérature à travers la lecture des œuvres littéraires précisément de Victor Hugo, Shakespeare, la liste est longue, et surtout en suivant les clips de Youssoupha ou encore kery James qui pour moi ont un niveau d’écriture poussé et manie le verbe avec brio. Je suis un fan.

 

Pensées Noires :  Nous sommes très émus de vous recevoir à la rédaction de Pensées Noires magazine, lauréat 2020 du concours  CEBELI mais pas que, vous êtes désormais un jeune auteur qui a paru aux éditions Germinal un roman titré « Odysées amoureuses » sous le nom Zom Romkyna , quelle histoire se cache entre les lignes de votre livre?

Ayéna Komlan Roméo :  le roman "Odyssées amoureuses" est une première œuvre littéraire individuelle. J'aimerai si vous le permettez signaler l’existence d’un recueil de textes poétiques auquel j’ai participation avec plusieurs essayistes en poésie comme moi. Alors pour revenir à mon roman "odyssées amoureuses " et bien, il relate l'histoire de sharapova et Hugo, les deux personnages principaux de l'œuvre. C'est un tableau idyllique exposant les tristes réalités du monde moderne. Sharapova est une obsédée sexuelle et collectrice de beaux hommes ainsi que de bijoux. Cette déesse, qui incarnait la beauté divine, pavanait d'homme à homme pour avoir ce qu'elle désirait : l'argent et les plaisirs éphémères. Malgré la douleur que Hugo ressentait car il était au parfum de ses aventures dégoûtantes, il décida de l’épouser, car il l’idolâtrait. C’est ce que l'on appelle l’amour vrai dira-t-on. Le roman nous fera comprendre qu’elle cueillera les fruits de sa semence. En plus donc de l’amour, "Odyssées amoureuses” abordent d’autres aspects : la dichotomie entre l'amour et l'administration, l'importance de l’éducation, les conséquences des mauvaises compagnies dans la vie.

Pensées Noires : On finit tout de même par se poser une question aux vues de ce qui se passe dans nos sociétés, l’amour, celui dont-on dit le vrai, le pur, existe-t-il vraiment ?

Ayéna Komlan Roméo :  Oh que si (rire) ! Le vrai amour est encore possible si les protagonistes décident de ne plus se limiter aux pensées purement matérialistes, égoïstes, arrogantes, vantardes et malsaines qui tuent justement ce beau sentiment que peuvent ressentir deux êtres.

 

Pensées Noires : Ayéna Komlan Roméo avoir participé au concours d’écriture CEBELI vous a-t-il poussé à écrire ce roman ?

Le concours CEBELI fut pour moi un élément motivateur et révélateur de ma plume que j'ai longtemps dissimulé.

 

Pensées Noires : En 2021 vous vous distinguez aussi par le prix Diamond lors du concours de poésie organisé par Akabaraka, sur quoi portait votre texte ?

Ayéna Komlan Roméo :  Mon texte parlait de notre cher continent l'Afrique et de l'importance de l'unité pour une prospérité des africains mais aussi de l'amour, un substrat du développement de l'homme. Saviez-vous que, le noir est un mélange de toutes les couleurs ? En terme explicite toute couleur tire son origine du noir, et si c'est bien le cas pourquoi les noirs sont les plus divisés ?

 

Pensées Noires : Votre roman n'a aucun rapport avec la chrétienté, ne va-t-il pas se poser un choix, écrire pour le peuple de Dieu ou pour le monde ?

Belle question. Dire que mon roman n'a aucun rapport avec la chrétienté, c'est mal comprendre la problématique de mon œuvre, les défis de la chrétienté et des religions en général peut-être ! Il faut remarquer que l'Eglise est mère et éducatrice en plus elle d’être experte en humanité, en ce sens elle s’intéresse à la vie, au quotidien des populations et donc la société. Saint Irénée ne disait-il pas que " la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant “ ? Si l'Eglise est mère et éducatrice en plus d’être experte en humanité, elle se doit le devoir de penser et de s'intéresser à ses filles et fils, à leurs réalités quotidiennes, aux questions qui taraudent sans cesse ses enfants pour les aider en proposant des pistes de solutions et surtout, en les éduquant sur tous les plans, spirituel, politique, social, moral, humain et autres, elle ne peut se dérober de ces responsabilités d'éducatrice et de mère. Mon livre vient mettre en exergue, mieux encore, il vient métempsycoser des thématiques sur la moralité, l'importance de l'éducation pour la jeunesse et la banalisation du vrai amour dans un monde post-moderne. Il existe en réalité un rapport intrinsèque entre mon œuvre littéraire et les défis de la chrétienté puisque ces mêmes questions triturent les cœurs dans nos sociétés. Dois-je faire un choix entre écrire pour mon ministère ou écrire pour le monde ? C'est une question bipartite que vous me poser ...vous jouez avec la conjonction " ou”. En fait , je pense que les réponses sont intrinsèquement liées . D’abord, j'aimerai préciser que je m'exprime en tant que séminariste et écrivain et non au nom de l’Eglise. Je crois que le prêtre est un "alter christus " " un autre christ “, le christ s'intéressait aux hommes, le ministère du prêtre s'intéresse à l'homme prit dans sa globalité formelle. Et savez-vous que l'homme est pluri-dimensionnel ?  Certainement Oui ! L'homme vit dans une société et affronte les réalités de cette dernière et celles-ci sont multiples (le spirituel, la moral, la politique, économie, le social.). Surtout que la formation pour le ministère aborde ses dimensions et permette aux ministres de vivre avec dextérité face aux réalités sociales. Si peu de "ministres " écrivent des œuvres littéraires ce n'est pas qu'ils fuient ces réalités ou domaines mais c'est un défi pour les générations futures. Osée n’affirma-t-il pas que “mon peuple périt, faute de connaissances "? Osée 4,6. Mon œuvre ne prétend pas enseigner ou moraliser mais véhiculer des messages sur nos réalités et mettre en garde la jeunesse laxiste et victime de l’acedie. Ainsi au lieu de vivre dans cette cécité et cacher ma plume, je décide de tremper cette dernière dans l'encre afin que désormais, elle ne cesse d’annoncer, de dénoncer et de se prononcer. Je finis par cette citation :" Il faut prendre dans l'écritoire de chaque auteur l'encre dont on veut le peindre " in Métamorphose de la Littérature p.15

 

 Pensées Noires : Il se dit ici et là que la littéraire n'a pas de solutions pour les maux de nos sociétés, que répondez-vous ?

 (rire) À mon humble avis, même si cela parait un microcosme dans un macrocosme, je pense que c’est une goutte d'eau dans la mer. Cette assertion est erronée. La littérature ne se limite pas juste aux écrits, au-delà du fictif elle atteint le cognitif, l’esprit, provoque même les transmutations des neurones ce qui entraine une réaction donc une action. Si l'esprit est malade, erroné, déformé, la personne humaine est touchée, déformée... et bien la société se déforme à son tour puisque cette "personne " se trouve dans la société. L’esprit est intrinsèquement rattaché au corps, au comportement.  Savez-vous que le développement de grandes puissances passe par la littérature ? Je m'explicite. L'Allemagne par exemple s'est développée grâce aux écrits des philosophes, des révolutionnaires, des économistes. Certainement que certains diront que c'est par l’action, mais l'action passe par la réflexion par " le logos", avant d'être accouchée sur les papiers. La littérature fait de son mieux pour exposer les problèmes et les maux de la société mais à nous (lecteurs) de décider. Et malheureusement pour couronner le tout, beaucoup d'Africains ne lisent toujours pas les œuvres.

 

Pensées Noires : Un appel à lancer aux jeunes passionnés de l'écriture au Togo qui tomberont forcement sur l’annonce de l’édition 3 du concours CEBELI ?

Bien évidement tant de choses à dire à nos jeunes (rire) pour les motiver à faire plus. Alors mon appel et plutôt simple, j’invite les jeunes passionnés de l'écriture au Togo à redoubler d'efforts et surtout oser participer aux concours internationaux comme "le prix Goncourt". Ne jamais se décourager, toujours oser et se lancer lorsqu’une opportunité se présente.

 

Pensées Noires : Dés défis à relever qui vous tiennent à cœur, on vous imagine mal en rester là Ayéna Komlan Roméo ?

Ayéna Komlan Roméo :  J'ai plusieurs défis à relever pour les années à venir :

- le lancement d'une nouvelle intitulé « les vierges de l'enfer »

- la rédaction d'un scénario de série télévisée « le jugement de Dieu ? »

- un roman titré "secret de tueur “. Alors j’ajoute que cela surprendra plusieurs personnes, je suis passionné par la poterie et je compte me perfectionner encore, tout ceci éventuellement si j'ai des sponsors et des financements (rire). Mais je me remets entre les mains et à la volonté de Dieu. Pour finir, je vous remercie pour l'opportunité qui m’a été donnée à travers cette interview et pour tous ceux ou celles qui sont intéressés par le roman, prière de adressez-vous à Pensées Noires magazine.

 

Propos recueillis par Alain Mouaka.


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