mannequin.jpg
Mode
miriam.jpg
Memoire
tyrese.jpg
cinéma
miss 5.png
Fashion
art2.webp
Art
logo Grace Diffusion.jpg
Musique Gospel
QUEEN ETEME.jpg
musique
image003.jpg
Association
PN logo.jpg
Mon AFRIQUE

TOGO / KANAA, LE FLOW DE L'INTELLECTUEL

by Alain mouaka


Posté le May 12, 2020 00:20 | Vues 333


kanaa.jpg

 

Pensées Noires : Kanaa, votre emblème est le lion (Djanta) alors que dans votre pays on fait plus mention de  l’épervier, éclairez nous?

KanAa : Alors, déjà disons que  l’emblème du Togo ce n’est pas l’épervier. L'emblème du Togo est constitué d'un soleil dans lequel sont inscrites les initiales du nom officiel du Togo, entouré de deux lions portant un arc et une flèche. L’épervier n’est que l'animal emblématique de notre équipe nationale de Foot. Après, le surnom « Djanta » s’est imposé à moi, après la sortie de mon premier single du même titre en 2014. Au final, je partage donc le même emblème avec le Togo (rire).

 

Pensées Noires : Tout a commencé avec la formation 585, votre passage a laissé des traces, que gardes-tu du 585? 

KanAa : Il n’y aurait jamais eu de KanAa sans 585. Au-delà de l’école que cette aventure a été, j’ai surtout gagné une famille. La passion pour la musique était trop forte, et nous étions vraiment déterminés ! Je me rappelle qu’on marchait régulièrement pour aller au studio, quand la Micra de Risbo n’était disponible. Aujourd’hui, c’est sûr, même avec toute la volonté du monde, il me sera difficile de faire pareil (rire). Noir, Risbo, Rouj et moi sommes toujours en contact, même éparpillés aux quatre coins du globe.

 

Pensées Noires : Comment à cette époque où vous étiez si jeunes vous avez réussi à mettre de la lumière sur vous?

Une phrase résume tout, on se nourrissait de « la force de nos rêves », comme le titre de notre premier et unique album. On n’avait rien à perdre, et nous étions hyper motivés. Après aussi, nous avons eu la chance d’être soutenus par des personnes de bonne volonté comme Mr & Mme GNAMA, Mr Macaire PLAKOO, Mr Hervé D’ALMEIDA, Mr Maxime MINASSEH, Kelly AGBOBLI, etc.. Donc, évidemment, on pouvait aller un peu plus vite. Après, sans formation, il a fallu tout apprendre sur le terrain, et comprendre les codes du business, parce que le talent n’a jamais suffi pour réussir.

 

Pensées Noires : Après la pause du groupe comment vous vous êtes -fait à cette réalité des choses ?

Après les départs de Risbo & Rouj pour la France, et Noir qui signait sur une maison de production ghanéenne, continuer en solo devenait une évidence. Il y’avait certes un goût d’inachevé, mais surtout le sentiment d’avoir joué un rôle prépondérant sur la scène musicale urbaine de cette époque. Après s’être battu pour mon groupe, j’avais envie de me battre pour moi, pour me prouver que j’étais capable de le faire, et surtout, pour montrer à ceux qui n’y croyaient pas, qu’ils s’étaient lourdement trompés.

 

Pensées Noires : L’aventure solo s’ouvre à vous, racontez nous vos débuts sans les vôtres?

En 2012, j’ai dû vraiment repartir à zéro. Dans le groupe, j’étais un peu en retrait, vu que j’étais plus à la direction artistique, j’ai dû donc commencer par me représenter. J’ai commencé en multipliant freestyles et petites collaborations pendant deux ans, le temps de prendre de la confiance, et définir mon univers. L’autre challenge que j’avais sous-estimé, c’était le financier (rire) donc j’ai dû apprendre à bosser pour financer ma musique. Mais au fur et à mesure des freestyles, j’ai pris du galon, et j’ai commencé par convaincre les plus sceptiques. Et en 2014, je me suis officiellement présenté au public togolais avec Djanta.

 

Pensées Noires : les titres vont s’enchainer, Tu n’es pas Dieu, Prend ton pied, Xorse, c’est la naissance du Djanta?

KanAa : (rire) comme la forêt est déjà dans la graine, le Djanta était déjà là. Il fallait juste le montrer au public. Et LSA PROD m’a donné les moyens de le faire. J’ai fait de mon mieux pour faire une musique qui ressemble à ma génération, sans trahir la personne sensible que je suis. Vu l’accueil, je pense que l’objectif a été durablement atteint.

 

Pensées Noires : 33 combats 0 défaite, mettez nous dans la confidence qu’est-ce-qui se cache derrière ce code?

(rire) cette phrase est juste extraite de mon remix de « Et p8 koi ? » du camerounais Jovi sorti en 2015. Je disais, « ils ont dit qu’on ne pourra jamais devenir ce qu’on a rêvé d’être, fxck les fxck les, fxck les, 33 combats, zéro défaite ». Cette phrase faisait directement référence au boxeur américain Floyd Mayweather et ses 33 combats sans défaite quand le son sortait.  Aujourd’hui, il en a 50, je crois.  Après la phrase a tellement marqué les fans qu’ils m’ont surnommé ainsi.

 

Pensées Noires : Votre rap est futé, l’engagement de l’intellectuel ne passe pas inaperçu, c’est à cela que doit s’atteler l’artiste contemporain, peindre le réel comme tu l’as fait sur le titre Il n’y’a que Dieu qui peut nous blesser?

KanAa : Un artiste est avant tout un témoin de son temps. Ayant la chance d’être un porte-voix, il me semble important de chanter des sujets qui interpellent directement le destin de ma génération.  A l’époque où cette chanson sortait, nous traversions une crise socio-politique au pays, sur laquelle beaucoup d’artistes ont préféré ne pas s’exprimer. Je ne me voyais pas ne pas en parler. Cela n’aurait pas été cohérent.

 

Pensées Noires : le monde est frappé par la crise sanitaire à coronavirus, les spirituels diront que Dieu nous a frappé, quelle leçon l’humanité doit-elle apprendre de cette pandémie?

Je pense que le Covid19  est  l’occasion pour la terre de faire une pause. Qu’on arrête de courir, et qu’on prenne le temps de vivre, mais surtout que la terre puisse souffler un peu. Course à la technologie, réchauffement climatique, je pense qu’on va très vite dans le mur. On a pu se rendre compte qu’on était avant tout tous humains. Après, je me dis que c’est une formidable chance pour l’Afrique de se renouer avec elle-même. J’espère qu’on saura la saisir.

Pensées Noires : Votre actualité est teintée de nouvelles chansons, Pourquoi pas moi et Agoe33, votre engagement à éveiller les consciences se fait sentir, la quête de la réussite et un hommage à votre quartier et un dénommé Rabi Matthias, pensez-vous que les hommes ont des priorités qui n’ont rien à avoir avec les fondamentaux  de la vie ?

(Rire) il faudrait déjà qu’on se mette d’accord sur la compréhension « des fondamentaux de la vie ». Qu’est-ce que vous comprenez par-là ? Sinon pour ma part, il m’est difficile de faire une musique qui ne me ressemble pas, ou qui ne pourrait pas parler à des gens qui partagent ma vie de tous les jours. Être vrai est prioritaire et fondamental dans ma démarche artistique.

 

Pensées Noires : Vous êtes le responsable Culture & Communication à l’Institut Français du Togo, les institutions culturelles ont fermé leurs portes pour respecter les mesures sanitaires prises par les pays afin de lutter contre la propagation du covid-19, Pensez-vous que l’Afrique ressente ce manque, ce vide que crée l’absence des événements culturels et les populations voient-elles l’importance du secteur culturel dans la vie des sociétés?

KanAa : En tant que membre de l’équipe de l’IFT, je peux vous dire que nous sommes impatients de rouvrir pour continuer à vivre toutes cultures avec nos publics. Mais cela ne nous empêche pas de continuer à proposer une offre dématérialisée à notre communauté digitale. Je vous invite à nous suivre sur nos réseaux sociaux. Sinon, en tant qu’artiste, le manque est flagrant et réel. C’est la culture (musique, cinéma, peinture) qui rend cette situation historique supportable. Même s’il est essentiellement au désavantage de l’artiste africain/togolais, le Covid-19 a permis aux populations de se rendre compte combien ce secteur était précieux et nous définissait. A nous d’en tirer profit en nous organisant pour le rentabiliser.

 

Pensées Noires : Une fois les mesures de ripostes levées que ferez-vous en premier Kanaa?

KanAa : Voyager, découvrir mon pays, découvrir l’Afrique, vivre, partager des bons moments avec la famille et les amis, rire, prendre le temps de souffler et de se redécouvrir.

 

Pensées Noires : le 11 mai de chaque année le monde célèbre le patriarche du reggae Robert Nesta  Marley alias Bob Marley,  que retenez-vous  de son parcours et héritage?

En quelques mots, Bob est le genre d’artiste qui n’arrive qu’une fois par siècle. Prendre un genre qui était quasi inconnu en son temps pour en faire une musique mondiale tout en délivrant un message universel d’amour et de positivité. Il n’est pas donner à n’importe qui de marquer autant son époque tout en restant intemporel.

 

Pensées Noires : Que vous inspirent Pensées Noires?

KanAa : « Tant que les histoires de chasse seront racontées par les chasseurs, les lions auront toujours tort ». Merci de raconter nos histoires.

Pensées Noires : KanAa une pensée pour l’Afrique ?

KanAa : Une autre Afrique est possible, tout dépend de nous. Si nous prenons le temps de nous reconnecter avec nous-mêmes, de comprendre qui nous sommes pour tisser une nouvelle liane au bout de celle qui a été brusquement coupée.

 

Pensées Noires : Pour finir, un adage ou proverbe qui vous tient à cœur telle une prière?

KanAa : Reste fidèle à la vision, pas aux hommes.


Retour aux articles

Recherche articles

Récents

December 4, 2020 17:52
Maroc /


December 4, 2020 14:45
Togo / afia mala – amégan

Magazines gratuits !

COVER PENSEES NOIRE.jpg
Penseesnoires magazine teasing
Télécharger gratuitement


Voir plus