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Magazine Rubrique:invites

TOGO / ACTE 2020 DE LA JOURNÉE MONDIALE D'ECOJOGGING

by

Alain Mouaka

Posté le June 8, 2020 17:04


Felix Tagba EJ.jpg

D’une idée peut naître une révolution et cela Félix Tagba fondateur d’EcoJogging l’a bien compris. Faire du sport tout en débarrassant le monde des déchets plastiques afin de sauver notre environnement d’une destruction certaine, tel est le combat de ce visionnaire qui contre toute attente, voit son projet prendre racine au-delà des frontières de sa terre natale, le Togo.

 

 

Pensées Noires : Felix Tagba , merci d’avoir répondu par l’affirmative à notre invitation, vous êtes le Fondateur  d’un projet qui aujourd’hui est porté par une association qui porte d’ailleurs la même griffe celle d’ EcoJogging, comment est née cette vision ?

Felix Tagba : Bonjour Pensées Noires, bonjour à toutes et à tous. Merci de me donner la parole. Cette vision est née à travers un constat. Nous remarquons que de plus en plus de déchets existent dans nos pays. Certains citoyens ont aussi du mal à faire du sport alors que le sport est nécessaire pour notre bien être. Nous avons donc joint ces deux facettes, sport et protection de l'environnement pour un monde meilleur.

 

Pensées Noires : Alors il s’agit de faire du sport en occurrence du jogging tout en débarrassant les quartiers, les villes et pays de leurs déchets ?

Felix Tagba : Oui Ecojogging est un concept simple qui consiste à courir ou marcher tout en ramassant les déchets et à les recycler.

 

Pensées Noires : Comment s’est faite la mobilisation des jeunes qui vous accompagnent à chaque rendez-vous organisé par l’association ?

Nous utilisons beaucoup les réseaux sociaux pour mobiliser les jeunes. Se sont de grands utilisateurs des réseaux sociaux. Beaucoup de jeunes aiment aussi le sport, du coup c'est facile pour eux de se joindre à nous pour protéger ensemble l'environnement à travers l'Ecojogging

 

Pensées Noires : Vous en êtes aujourd’hui à combien de kilos ou tonnes de déchets débarrassés de votre capitale ?

Au Togo, Ecojogging a permis de ramasser et de recycler plus de 5 tonnes de déchets.

 

Pensées Noires : En un temps record des pays du monde ont emboité les pas, pouvez vous nous les citer ?

Felix Tagba : Ecojogging est représenté dans plusieurs pays à travers le monde notamment : au Togo, au Benin, au Ghana, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Niger, au Cameroun, au Tchad, en France, en Belgique. Les populations de ces pays font régulièrement l'Ecojogging. L’Ecojogging a été réalisée aussi aux USA, en Italie et dans d'autres pays.

 

Pensées Noires : Grâce à cette démarche chaque dernier samedi du mois de Juin est consacré à la Journée mondiale d’EcoJogging, un bilan des dernières réalisées ?

Les Journées mondiales d'Ecojogging sont des journées importantes pour l'association Ecojogging et tous les Ecojoggers du monde. Au cours de ces journées nous faisons bien entendu l’Ecojogging et nous sensibilisons les populations sur les dangers liés à la pollution par les déchets et la nécessité de protéger notre environnement et de contribuer à notre bien-être. L'édition de 2019 a rencontré un franc succès dans le monde. Nous avons remarqué plus d'engouement chez les citoyens. Nous avons ramassé plus d'une demie tonne dans plus de 7 pays du monde avec près de 200 Ecojoggers mobilisés.

Pensées Noires : Vous avez annoncé sur vos plateformes l’effectivité du rendez-vous de ce mois, dans quelles conditions cette journée mondiale sera-t-elle  célébrée quand-t-on sait que la psychose à coronavirus est toujours d’actualité ?

Comme chaque dernier samedi du mois de juin, cette année nous allons encore célébrer la JMEcojogging. Cette édition sera particulièrement axée sur le coronavirus.  Nous avons lancé une campagne digitale dénommée : #BeatMaskPollution pour alerter le monde entier sur les dangers des masques jetables que bon nombre de citoyens jettent sur les routes ou dans la nature après usage. Tout le monde peut rejoindre cette campagne en postant une vidéo de sensibilisation d’une minute sur les dangers que représentent les masques jetés en utilisant les hashtags #BeatMaskPollution et #JMEcojogging. L'apothéose de la JMEcojogging de cette année est prévue pour ce samedi 27 juin. Nous aurons une séance d'exercices physiques et d'échanges via nos réseaux sociaux. J'invite tout le monde à liker d’ores et déjà nos réseaux sociaux pour ne rien rater de cette célébration qui se fera virtuellement.

 

Pensées Noires : Qu’attendez-vous de cette nouvelle journée mondiale de l’Ecojogging ?

Felix Tagba : Notre credo est de protéger l’environnement et de contribuer au bien être des populations. Nous espérons que cette journée va contribuer à sensibiliser toute la population sur les dangers des masques jetés ici et là. Les masques jetables peuvent faire jusqu'à 450 ans dans la nature avant de se dégrader. Si rien n'est fait, nous aurons les mêmes problèmes que les sachets plastiques. Nous invitons les populations à plus utiliser les masques lavables, de bonne qualité bien entendu.

 

Pensées Noires : Est-il possible que le monde soit débarrasser de tous ses déchets, si oui comment ?

Felix Tagba : C'est une question de conscience et de volonté politique. Il est temps d'appliquer les décisions qu'on a prisées. Beaucoup de pays ont pris des lois contre l’utilisation des sachets plastiques, mais la réalité est toute autre, on continue par importer ces sachets.

 

Pensées Noires : A l ‘instar du combat que mènent des activistes et la société civile de quelques pays en faveur du climat, avez-vous vous aussi des propositions ou revendications à faire aux dirigeants du monde ?

Felix Tagba : Nous voulons que les Etats respectent leurs engagements vis-à-vis de la planète. C'est essentiel et cela pourra nous épargner de certains dangers environnementaux.

 

Pensées Noires : Felix Tagba pour finir votre souhait pour l’Afrique et le monde ?

Je souhaite que l'Afrique et le monde entier se lèvent tôt face aux dangers des masques jetables sur notre environnement et sur notre santé.  Vivement que notre continent et le monde entier arrivent à bout de cette pandémie du coronavirus et tirons les leçons pour ne plus tomber dans les mêmes travers.

Merci à toute l’équipe de Pensées Noires magazine.

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FRANCE / INVITEE DE LA DIASPORA (AFI GENYA)

by

Alain Mouaka

Posté le May 31, 2020 15:56


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Pensées Noires : Afi Genya merci de nous consacré du temps en ces moments difficiles dû à la crise sanitaire à coronavirus, vous êtes artiste de la chanson, écrivaine, entrepreneure, coach de danse et marraine d’une association baptisée Change Africa, comment arrivez-vous à concilier votre vie de femme avec toutes ces activités ?  

Afi Genya : Bonjour à toute l’Afrique et à toute sa diaspora, merci à toute l’équipe de Pensées Noires pour cette invitation, j’en suis honorée. Et bien pour répondre à votre question je suis une femme très active, pour beaucoup de personnes qui me connaissent ils disent que  j’ai la bougeotte (rire), mais je dois avouer que je prends aussi du temps pour moi malgré les apparences (rire), je sais me faire plaisir ça soyez en sûr et m’occuper aussi des gens que j’aime de tout mon coeur (Famille) de temps en temps.

 

Pensées Noires : Vous commencez à vous faire connaître sur des scènes en tant que danseuse aux côtés de la vedette d’alors Yaya LELEH dans votre pays d’origine le Togo, racontez nous ces moments

Afi Genya : Ha ça c’est difficile à cacher (rire) j’aime danser, ça fait partie de mon adn. Comme vous le dites si bien, j’ai commencé par la danse en accompagnant sur scène l’une des références de la musique Togolaise YaYa LeLeh , on est en 1986 si ma mémoire est bonne. J’étais encore une petite ados qui ne restait pas en place et ça pouvait se voir. YaYa LeLeh m’avait très vite repéré et je  me rappelle encore de ce qu’elle m’avait dit à l’époque : « Petite Afi, tu as beaucoup d’énergie à revendre. Suis-moi ». On était un groupe de trois personnes, notre chorégraphe Papson, un ivoirien très talentueux, une autre fille Togolaise nommée Philippine dit Phili pour les intimes et moi Afi la bougeotte, un vrai cocktail explosif (rire). Ces années ont été une vraie bénédiction pour moi toute jeune démarrant dans cette univers, j’en garde de beaux moments et ma reconnaissance à la grande dame YaYa LeLeh a la même valeur aujourd’hui encore.

 

Pensées Noires : Le voyage frappe à votre porte et vous envolez pour votre nouvelle terre d’accueille la France, où vous la danse prend une autre dimension mais  Infatigable toujours en quête, vous  vous dites il manque quelque chose et vous vous lancez dans les affaires, vous ouvrez une boutique de vente de vêtements hommes et femmes, comment cela a-t-il été possible ?

Et bien toutes les femmes aiment être coquettes, n’est-ce pas ?Se faire belle, être désirable, élégante etc… qui peut dire le contraire ?J’adore m’habiller, me faire belle et je reçois beaucoup de demandes d’amis/amies et collègues sur le sujet d’où m’est venue l’idée d’ouvrir une boutique de prêt à porter femmes et hommes, ainsi la question est résolue (rire) je conseille et j’habille et je baigne dans mon univers.

 

Pensées Noires : Vous êtes une femme pleine de ressource avec un univers à en surprendre plus d’un, votre habileté à écrire fait surface sous le nom d’Afi Ayaba Mawena avec pour écrit :   La cuisine africaine,  La danse africaine : « apprendre à danser chez soi, »  et aussi des contes : le cœur d’Afrique, qu’est-ce qui a motivé et nourri cette envie d’écrire Afi Genya ? 

 Afi Genya : Vous savez par apport à l’écriture, évoquant la cuisine Africaine, quand on arrive en Europe, les mets africains sont très difficiles à trouver et ça franchement c’était invivable (rire). A chaque fois que je trouvais un ingrédient pour des mets africains, je sautais dessus et j’en achetais aussitôt et j’en concoctais un bon met africain pour ma famille, mes amis européens  s’en régalaient. Je peux vous  assurer qu’ils adorent ça. L’idée de faire un  livre sur la cuisine Africaine m’a sauté aux yeux au vue de l’intérêt pour la chose de ceux qui m’entourait et à chaque repas que je concoctais j’en ajoutais des photos à l’appui. Alors concernant la danse (rire) je ne pouvais passer à côté de mon adn sans en partager l’essence, la position du départ à la position finale, quand les pas sont bien réalisés et que le mouvement suscite l’admiration ou les applaudissements de la foule, C’était le plus dur quand même. Et pour finir le livre consacré aux poèmes, je racontais mon vécu exceptionnel avec un clin d’œil aux  personnes que j’ai rencontré sans mentionner leurs noms. Donc en résumé : « Les histoires vraies, les problèmes, les solutions et pour finir les conclusions ». j’ai encore quelques textes qui me viennent en tête ne soyez pas surpris si j’annonce la sortie prochaine d’un nouvel ouvrage (rire).

 

Pensées Noires : Lorsque l’on vous demande comment vous arrivez à gérer toutes vos activités étant une femme, trouvez-vous cette question déplacée car à l’homme sans nul doute on ne lui poserait pas cette question ?

Afi Genya : Déplacée ? Non, Toutes les femmes ne sont pas Afi Genya. Je comprends que ça puisse tout de même vexer certaines femmes car elles se donnent également beaucoup, donc si l’on ne pose pas ce genre de question aux hommes pourquoi la poser aux femmes ? Je vous pose la question (rire)

 

Pensées Noires : A la surprise générale en 2016 vous vous lancez un pari, chanter, 2017 et 2018 sortiront respectivement les albums Mince alors et Evolution, au final vous n’avez peur d’aucun défi ?

 Non pourquoi avoir peur ?  Je me suis dis « Mince Alors » qui risque rien n’a rien. Je ne regrette pas mes choix  même si ce métier d’artiste est très dur ; Je tenais à me lancer ce défi car quelque part en moi je sentais que je pouvais le faire. Bien entendu il faut toujours travailler et c’est ce que je fais à chaque pas que je pose tous les jours ; Aujourd’hui j’en suis au troisième album et j’en suis heureuse. Qui ne risque rien n’a rien.  

 

Pensées Noires : Mince alors est un album autobiographique mais qui passe aussi un message, il faut tout tenter dans la vie, Evolution n’est que la suite d’un travail qui se bonifie, comment s’est faite votre immersion dans la musique ?

Pas facile du tout. Je suis un autodidacte pur sang (rire) et j’apprends toujours. Avec l’apport et le suivi de mon staff nous peaufinons chaque titre, chaque projet, je suis comme une élève qui a les yeux et les oreilles grand ouverts car j’aime recevoir et cela me grandit, même quand j’ai déjà des notions sur des sujets j’aime écouter les gens. 

 

Pensées Noires : Dans quel état d’esprit êtes vous face à un défi à relever quel qu’il soit ?

Afi Genya : Exitée , on se comprend (rire)

 

Pensées Noires : Vous vivez et travaillez à Paris, on parle d’un déconfinement partiel en attendant que tout revienne à la normale suite à la pandémie à coronavirus, comment reprenez-vous vos activités en ce moment ?

Afi Genya : Ohhh lala…. C’est très dur. On a l’impression de recommencer tout à zéro. Bon on ne va pas se plaindre. L’essentiel c’est d’être en vie. On a cette chance. Donc on va surmonter les défis de l’heure par la grâce de Dieu. Et ce qui me permet de tenir c’est ma famille, elle est un soutien de taille ce qui pèse dans la balance de la bonne humeur (rire).

 

Pensées Noires : Vous revenez très souvent en Afrique plus particulièrement dans votre pays le Togo, s’est vital pour vous de vous reconnecter à la terre mère ? 

Oh que oui. Comme on dit : « Quand on ne sait pas ou on va, faut savoir au moins d’où on vient » ; C’est important pour moi de me reconnecter avec les vibrations du pays, cela me rafraîchit, me recadre parfois dans mes démarches et vous savez c’est une bulle d’énergie qui n’a pas son semblable si ce n’est l’amour de ma petite famille qui rivalise avec (rire). C’est mon cordon ombilical ma terre natale.

 

Pensées Noires : Vous êtes marraine d’une association « Change Africa », à votre dernier passage sur la terre des Aieux vous avez eu à faire des dons dans un village, quels genres d’activités sont prônées au sein de votre association et il y’a-t-il des projets en cours ?

 On s’occupe des enfants défavorisés, des orphelins, des enfants démunis, des parents qui n’ont pas les moyens de s’occuper de leurs enfants. Oui il y’a beaucoup de projets en cours, je ne peux en parler car mes collaborateurs vont me taper sur les doigts (rire), Nous allons avancer pas à pas, le temps est un bon conseiller.

 

Pensées Noires : Un album est annoncé pour très bientôt, on s’est laissé dire que vous êtes en studio, info ou intox

Info, Oui c est vrai. Bientôt la sortie de mon 3ème Album. II est prévu pour avant la fin de l’année 2020 mais parfois j’ai envie de le présenter en même temps aux fans tellement je suis pressée (rire)

 

Pensées Noires : Quels sont les sujets qui seront abordés sur ce nouveau  projet sonore ?

L’Amour maternel car c’est un lien béni de Dieu et je pense que l’on en parle pas assez, l’amour entre les hommes, je milite aussi pour le mérite qui doit être accordé aux femmes rondes, elles ont aussi du charme et beaucoup à dire, il ne s’agit en rien de sac à chair, l’album appelle au courage etc…Vous en saurez plus à la sortie de l’album

 

Pensées Noires : Vous êtes une femme battante, un conseil ou des conseils à donner aux femmes africaines qui  vous lisent en ce moment ?

Travaillez et travaillez encore. Ne jamais abandonner ses rêves. Vous pouvez tomber, échouer mais relevez-vous, recommencez, car c’est à force de tomber et d’échouer que l’on gagne et réussit une fois pour de bon.

 

Pensées Noires : Pour finir, votre souhaite pour l’Afrique Afi Genya ?

Il est temps pour l’Afrique de se réveiller. Ce continent a tout pour réussir, Qu’il ne se laisse plus berner par qui que se soit. L’Afrique est le berceau de l’humanité Qu’on le veuille ou non. Merci Pensées Noires magazine pour ce beau moment passé ensemble avec vos lecteurs et lectrices.

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TOGO / L’INCROYABLE ODYSSÉE D’UN JOUET EN PLASTIQUE DE SELOM C. MENSAH

by

Alain Mouaka

Posté le May 23, 2020 19:43


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   Jetez la parmi les louves et loups, elle reviendra cheffe de meute. Femme battante, mère, bloggueuse, réalisatrice et j’en passe, Sélom C . Mensah est bien partie pour être un modèle de réussite, de courage et femme de convictions malgré elle. Après le succès de son premier documentaire baptisé « Parole aux femmes » , elle signe depuis quelques jours  un nouveau projet cinématographique griffé « L’incroyable odyssée d’un jouet en plastique ». Elle nous fait l’ainsi honneur d’être notre invitée le temps d’une pause entre quatre et mille choses.

 

 

Pensées Noires : Selom C. Mensah, merci d’accorder du temps à notre plateforme africaine, vous êtes réalisatrice, bloggueuse, passionnée de culture et portez plusieurs casquettes, présentez-vous aux lecteurs et lectrices de Pensées Noires?

Selom C. Mensah : Oui, je suis une personne qui se laisse porter par ses passions. Le cinéma donc depuis 2017, l’écriture avec mon blog www.selomcrys.com qui existe depuis deux ans, mais aussi le volet éducation et sensibilisation avec une classe verte, nommée « Colonie Verte », que j’ai lancé en 2019 à Lomé. L’important pour moi est de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice pour bâtir une Afrique qui gagne. Je suis également journaliste de formation ; et je travaille dans le domaine de la communication.

 

Pensées Noires : Pourquoi avoir choisi de devenir réalisatrice ?

Aujourd’hui, l’image occupe une place importante dans nos vies, nous en sommes abreuvés de toute part. Les gens boivent littéralement des flots d’images (via les réseaux sociaux notamment) bien plus qu’ils n’ouvrent un ou deux bouquins. Le livre devient vintage ! L’image aide aussi notre imaginaire à voyager, rêver et aider au changement de mentalité. Ce qui me passionne dans le cinéma c’est de pouvoir toucher le cœur des gens, tout en leur apportant une part de ma vérité, en leur montrant ce que je souhaite leur dire.

 

Pensées Noires : Votre premier projet avait une portée militante et magnifiait la beauté des femmes Africaines. Pourquoi cette thématique vous tenez autant à cœur?

Pour moi elle devrait nous tenir à cœur à tous car il y a vraiment urgence en terme d’écologie, la situation actuelle le prouve. Nous devons arrêter de vivre en égoïste, comme si nous étions les maitres de cette planète. Normalement, même un leader doit montrer l’exemple et bien agir. Nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis par notre consumérisme et notre retard dans une réelle prise de conscience. Moi j’ai assez vu de documentaires sur ces sujets (la maltraitance des animaux en abattoir, la perte de la couche d’ozone, la déforestation, la pollution des mers) pour continuer à me taire, sans tenter d’agir !

 

Pensées Noires : Votre objectif a-t-il été atteint, sentez-vous que des femmes ont pris plaisir à regarder ce documentaire et pris conscience de leurs capacités en tant que femme ?

Elles le savent, parce qu’elles le sentent. Ce sont des femmes. Toute femme est douée d’une intuition innée, intrinsèque à son genre. Je le pense. Nous sommes des âmes très sensibles. Reste à s’écouter, et à assumer ces capacités. Certaines préfèrent rester au calme et ne pas créer, penser, et donner au monde un peu de leur grandeur, c’est un choix. Après tout, donner de sa personne nécessite beaucoup d’énergie et d’investissement, tant financier qu’émotionnelle.

 

Pensées Noires : Votre nouveau projet évoque une autre cause qui vous est chère, l’environnement, L’Incroyable Odyssée d’un Jouet en Plastique en est le titre, dites nous en un peu plus 

L’incroyable odyssée d’un jouet en plastique est l’un de mes projets les plus intimes, car je l’ai réalisé avec l’aide de mon fils, qui est l’acteur principal et la voix narrative de ce court-métrage. Il a été pour moi d’une aide inestimable et a dépassé de loin mes attentes. Pour le message, il est venu d’un ras-le-bol dû à la pollution qui nous entoure et augmente dans nos villes africaines, et dans le fait qu’aucune réponse politique et importante n’est proposée. A Lomé par exemple, la pollution a envahi le bord de mer et c’est insupportable !

Pensées Noires : On rejoint donc les thématiques de la Colonie Verte Selom C. Mensah, on est tenté de dire qu’en Afrique on a l’impression qu’on ne prend pas encore la mesure du problème. À quoi est-ce dû selon vous?

Selom C. Mensah : Malheureusement, beaucoup de nos dirigeants africains se moquent des questions environnementales. La base ne fait que suivre le sommet, de plus les gens sont davantage préoccupés par le gain de leur pain quotidien, ce que j’entends. Cependant, si nous ne prenons pas garde, il n’y aura bientôt plus de pain quotidien à chercher si la planète est bousillée ! Nos dirigeants doivent se réveiller, penser et proposer de vraies solutions globales et innovantes aux populations. Créer des incinérateurs pour les déchets, booster et encourager le tri sélectif dans les foyers, créer des usines de traitement des eaux usées et des stations d’épuration, promouvoir et financer les énergies écologiques, propres et renouvelables, sensibiliser et éduquer les populations, etc. Ils doivent aussi arrêter d’accepter d’être traités comme la poubelle du monde et de recueillir les déchets dont les autres ne veulent plus (déchets électroménagers, informatiques et autres). Cependant, je suis convaincue que le citoyen a aussi son rôle à jouer. Ne serait qu’en changeant de mentalité et d’attitude.

 

Pensées Noires : Un tel projet L’Incroyable Odyssée d’un Jouet en Plastique vous prend combien de temps de travail, écriture et réalisation?

Un tel projet il faut le penser, le murir, l’écrire. Et après, on se détourne souvent de ce qu’on avait écrit et imaginé, parfois par manque de temps ou de moyens financiers. Je ne suis pas encore une grosse réalisatrice hollywoodienne lol. Un jour, nous ferons de grandes choses, aujourd’hui, je cherche quand même à faire rêver les gens avec les moyens dont je dispose. En gros, de bout en bout, cela m’a pris un peu plus de six mois. Je remercie ici toute l’équipe qui n’a pas ménagé ses efforts pour concrétiser ce rêve…

 

Pensées Noires : Vous êtes une autodidacte, quel conseil donnerez-vous à une jeune fille qui veut emboiter vos pas ?

Il faut toujours se battre pour ceux en quoi on croit, que ce soit dans la vie professionnelle, personnelle ou même intime. Rien n’est fini tant que tu n’as pas déposé tes gants à terre. Je lui dirai donc de ne rien lâcher, et cela ne sera pas dur car une passion nous empêche souvent de dormir la nuit, en général. Je lui dirai aussi qu’il faut qu’elle s’entoure des meilleurs aussi, ceux qui veulent bosser et apprendre avant tout, se dépasser. Il faut savoir se donner du mal pour ce qu’on aime.

 

Pensées Noires : Avez-vous Selom C. Mensah une (ou des) femme qui vous inspire dans la vie ? Si oui qui et pourquoi ?

Il y a tellement de choses qui me touchent et m’inspirent : un ciel bleu ponctué de nuages, la mer et ses vagues éternelles, le sourire d’un enfant dans la rue… En termes de personne ou de personnalités, je suis largement inspirée par les membres de ma grande famille de cœur qui sont des battants, même les plus jeunes. J’admire tout particulièrement ceux qui se battent pour survivre ou pour leurs convictions. Et le Togo regorge de femmes et d’hommes comme cela.

 

Peensées Noires : Une question un peu plus personnelle. Vous êtes mariée et mère. Le constat est qu’en Afrique nombreux sont septiques sur le fait qu’une femme peut t’avoir une carrière artistique et être une « bonne épouse », que répondez-vous à cela ?

Pour ma part, je trouve que cela n’est pas incompatible, il suffit de bien s’organiser. J’ai pour ma part beaucoup de projets qui me tiennent à cœur que j’espère réaliser. Je me sens complète en ayant aussi l’opportunité de faire ce que j’aime. Je ne conçois donc pas d’être avec une personne qui ne se soucierai pas de mon équilibre ; c’est aussi une forme de soutien et d’amour de laisser son partenaire libre de s’y consacrer et d’investir dans ce qui le fait vibrer.

 

Pensées Noires : Le monde connait une crise sanitaire à coronavirus qui est un casse-tête pour tous les pays, les plus spirituels y voient un avertissement de Dieu, les scientifiques s’accordent pour dire que la pandémie est survenue parce que nous détruisons notre environnement naturel et d’autres persistent et signent qu’il s’agit d’une manipulation génétique donc un virus crée par l’homme, la sortie de votre nouveau projet prouve que vous gérez plutôt bien cette situation de crise, un conseil à donner aux plus inquiets?

Selom C. Mensah : En réalité, je la gère comme nous tous : avec angoisse, peur, espoir et joie. Je n’ai pas de conseil à donner, je dirai simplement qu’il faut toujours essayer d’être pondéré et garder espoir. La panique n’aidera pas. Je pense aussi que nous attirons à nous ce à quoi nous pensons sans cesse, avec obsession. Pensons donc positivement, et le positif viendra à nous !

 

Pensées Noires : Le monde est ce qu’on en fait disait un sage, si on veut le sauver on le sauvera, si on veut le détruire et bien destruction sera, partagez-vous cette assertion ?

Je suis totalement d’accord. Je vis dans une société où nous avons pris l’habitude de laisser la responsabilité de tout ce qui nous arrive et arrive à Dieu, ou à la fatalité. Je suis plutôt d’avis que même s’il n’y a pas de hasard, nos bonnes actions peuvent aussi peser dans la balance pour nous permettre de changer de paradigmes. Nous les humains, sommes capables du meilleur comme du pire.

 

Pensées Noires : Pour finir Selom C . Mensah, où puisez-vous la force pour continuer d’avancer ?

Dans le regard de mes deux jeunes enfants, et de l’amour infini qu’ils me portent ! Si jamais je suis découragée et je n’ai plus d’espoir pour moi-même et ma génération, je dois au moins en avoir pour eux, la génération qui monte. Je souhaite paver leur chemin d’or et de diamants pour leur faciliter la vie autant que cela est possible, comme toutes les mamans du monde. Je souhaite leur laisser une terre en meilleure santé et plus agréable et vivable.

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