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Mon AFRIQUE

Magazine Rubrique:musiques

CÔTE D'IVOIRE / TEHUI, HAUT PARLEUR DE SA GÉNÉRATION

by

Alain Mouaka

Posté le August 31, 2020 16:46


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« TEHUI » est un artiste Hip Hop Ivoirien qui n’hésite pas à mêler son Hip Hop à différents genres qui l’inspirent comme le Jazz, la Soul, le Reggae et les rythmes afro. Installé à Montpellier dans le cadre de ses études universitaires, il croise en 2000 le chemin du compositeur Mathieu Garillon alias Kim Fu Metal Ninja, véritable génie qui propose des mix de hip hop, de soul music, d'electro et de jazz. Ils collaborent sur un EP. Rentré en Côte d’Ivoire en 2007, c’est finalement en 2014 que Tehui reprend véritablement le micro et les compositions. Pensées Noires magazine est allé à la rencontre d’un artiste dont l’esprit voyage sans cesse, en quête de connexion et d’échange avec des amateurs de musique. Il aime à dire qu’il chante pour les « âmes ».

 

 

Pensées Noires : Tehui akwaba entre les lignes de Pensées Noires magazine

Tehui : Bonjour Alain. Bonjour à Pensées noires magazine et à tous ses lecteurs.

 

Pensées Noires : Ivoirien et fier de l’être c’est à Montpellier en France, dans le cadre de vos études universitaires, que vous faites la rencontre du compositeur Mathieu Garillon alias Kim Fu Metal Ninja, de cette rencontre va naître un ep, racontez-nous ?

Tehui : Après l’obtention de mon Bac à Abidjan, j’ai rejoint ma grande sœur installée à Montpellier. Dans cette ville, je côtoie une amie ayant elle même fait le lycée à Abidjan et c’est elle qui me présente son frère et colocataire Mathieu alias « Kim ». Je deviens donc un habitué de cet appartement qui se transforme très rapidement en home studio de part le travail et la passion incroyable de Kim. Ce sont certainement les mois et années ou j’ai écouté le plus de musique de ma vie. Avec Kim on est allé à la découverte de toutes sortes de musique et de vibrations, on a assisté à un maximum de concerts Live dans la ville, le tout en prenant beaucoup de plaisir à expérimenter des compositions personnelles. C’est de ces innombrables freestyles et autres drafts qu’on a finit par enregistrer un Ep gratuit de 3 titres avec notre ami Alain Thomas. Ainsi était né mon 1er groupe. Le « Busta Moove Crew ». Au delà de ces 3 titres gratuits, nous avons enregistré de nombreuses autres chansons que nous n’avons jamais publiées car nous étions définitivement dans l’expérimentation.

 

Pensées Noires : Vous regagnez Abidjan en 2OO7 et c’est seulement en 2014 que vous reprenez le micro et les compositions, que c’est-il passé durant ces 7ans d’intervalle ?

Tehui : Pendant cette longue pause, j’ai travaillé dans le secteur des assurances. La majorité de mes amis dans la musique étant basés en occident, la pause s’est plus ou moins imposée à moi et je me disais que la musique n’était peut être qu’une superbe parenthèse de ma vie d’étudiant. J’étais donc redevenu ce fan et consommateur de musique mais je continuais les exercices de style en solo attendant inconsciemment que les étoiles s’alignent de nouveau.

 

Pensées Noires : Ce temps d’observation va servir à la réalisation d’un premier album baptisé « L’itinéraire d’un gars (A)normal » ce qui fera de vous le Prix Meilleur artiste Urban Reggae en 2018, quel était l’univers de cet album?

L’album « Itinéraire d’un gars (a)Normal» est le total prolongement de ma « vie musicale » en France. En effet, l’idée de reprendre le micro est apparue dès lors que j’ai repris le contact avec Kim installé entre Paris et le Japon et qui m’a envoyé toute une série d’instrumentales qui ont formé le squelette du futur album. Je retrouvais donc cet univers de Rap très influencé par le Jazz et la Soul Music. J’ y ai ajouté mes influences personnelles notamment le reggae que je côtoyais énormément à Abidjan depuis mon retour et accompagné de quelques jeunes compositeurs ivoiriens (NunShack ; Assohoun Deetah ; Pil’s) on a approfondi l’univers dessiné par Kim en construisant une véritable identité qui est restée définitivement Rap Jazz Soul Reggae avec une très grosse part donnée au lyricisme et au storytelling sur cet album. C’est un album qui reflète une vie d’amour de la musique et d’expérimentations et qui raconte le parcours de ce gars (a)normal. Je m’y raconte de la naissance à la vie d’adulte, aventures et mésaventures ; et je raconte les autres, avec une sincérité et une profondeur jamais censurées. C’est un album que j’ai conçu pour les âmes avant de penser oreilles. Mes choix de musique étaient ainsi guidés par cette vision.

 

Pensées Noires : Dès lors vous faites feu de tous bois,  à votre actif un autre opus toujours en 2018, le premier album live Hip Hop de Côte d’Ivoire de 11 titres qui puise sa source d’un concert au mythique Bao Café D’Abidjan, comment s’est conçu ledit projet?

Le Bao Café est un établissement qui est devenu une légende dans l’underground ivoirien. En effet, chaque weekend s’y installait la soirée Hip Hop Soul de référence à Abidjan que j’ai eut la chance de coréaliser avec une équipe formidable. Le live, les open mics ; les improvisations étaient notre devise. Le Bao Café était donc rapidement devenu l’espace de validation des talents confirmés ou émergents dans les musiques Hip Hop et même d’autres genres à Abidjan. C’était ma «  maison » et après l’ensemble des dates que nous avions pu faire un peu partout avec l’album Igan, nous devions revenir à la maison dire merci à notre base. Ce Concert a dépassé toutes nos attentes et c’est à la demande de mon public qui réclamait un album Live que nous avons décidé de sortir cet album en offrant donc le concert complet. Plutôt que d’aller en studio enregistré Live dans le confort, nous avons décidé d’offrir au public ce qu’il réclamait c’est-à-dire l’univers de TEHUI dans la chaleur des concerts.

 

Pensées Noires : Vous aimez à dire que vous chantez pour les âmes, éclairez nos lanternes

Tehui : Pour moi chanter c’est créer une connexion, un échange avec les personnes à l’écoute et ce quelque ce soit leur origine, échelle sociale, profession, sexe, goût musical préférentiel. Chanter c’est également le fruit  de la connexion la plus importante ; c’est à dire du ciel à l’artiste. L’inspiration ne se commande pas à mon humble avis. Dès lors quand je reçois, je transmets. Et c’ est pourquoi je parle de langages entre âmes. Je ne conçois pas ma musique sans jouer avec les mots afin de faire rire, pleurer, penser et même danser. Les émotions sont tout.  J’aime les mots et leur pouvoir. J’aime la poésie. Les mots ont un pouvoir quasi mystique ; et ces mots ; ces mélodies et chants m’orientent vers des musiques qui créent la liaison.

 

Pensées Noires : Tehui vous êtes un artiste dont l’univers est à l’opposé de l’identité musicale Ivoirienne, cela fait-il de vous un artiste considéré pour une case particulière ou vous adaptez au mieux?

La sortie de mon premier album et mes premiers concerts ont créé directement cette case associée à mon nom. Celle du Rappeur Live. En effet avant même la sortie du premier album, je me présentais avec un orchestre Jazz complet et un Dj Platines. Une combinaison rarement vue à Abidjan. J’étais le rappeur « spécialiste du Live » avec un RAP Jazz Soul Music. On m’appelait le « Oxmo Puccino » d’Abidjan ou encore le petit « Shuriken » à cause de mes chansons Rap au style « Boom Bap »,  et cela m’amusait et me flattait car il s’agit de références. Mais très rapidement ma présence sur la scène Reggae et dancehall, dans les pas de la légende Kajeem et dans le même temps, l’organisation des soirées Rap live à improvisation m’ont permis de démontrer que j’étais un peu plus que le rappeur à l’orchestre Jazz. J’étais devenu le rappeur qui s’adapte à n’ importe quelle vibe et cela je le dois vraiment à ces soirées live au Bao café. Une véritable école de la scène. J’en ai fait une chanson devenu concept « Vibin ‘ ».

 

Pensées Noires : Votre actualité s’enrichit d’un nouveau single, « je rentre ou pas », un vrai dilemme on peut se l’avouer, qu’est-ce-qui a motivé la réalisation de ce morceau ?

Cette chanson est née de mes méditations sur les retours d’expérience des candidats à l’exil fuyant leur pays pour diverses raisons (pour aller/rentrer ou ?) face à d’autres retours d’expérience et/ou drames moins médiatiques et d’avantage psychologiques vécus par des personnes rêvant de faire le chemin inverse ou l’ayant déjà fait. Conscient du côté triste et mélancolique de ces histoires, j ai eut envie de regarder les aspects positifs de ces traversées ; de ces appartenances à différentes terres qui font notre parcours de vie. Mais toujours avec une volonté de rester dans la réalité ; et les doutes sont une réalité pour chaque humain. Quand j’ai discuté avec Bobby et qu’il m’a raconté son histoire, lui d’origine Afro américaine, métisse, installé en Europe avec le cœur en Afrique tout est devenu évident. Je réalisais que les questions que je pouvais me poser étaient partagées par des millions de personne de part et d’autre de l’atlantique et Bobby et moi avons écrit avec beaucoup d’enthousiasme sur ce thème.

 

Pensées Noires : « je rentre ou pas », jouit de la collaboration de Bobby Surround, fils aîné du brillant batteur et chanteur afro-américain Vic Pitts, leader du groupe «Vic Pitts and The Cheaters», et batteur de la légende Miriam Makeba (qui lui a valu d’être reçu en Côte

d’Ivoire par le président Félix Houphouët Boigny), racontez nous cette belle amitié entre vous deux

Tehui : Un de mes meilleurs amis et cofondateurs du label NOLIES a fait le lycée avec Bobby dans une petite ville à la frontière Franco Suisse. Vivant à Abidjan il me parlait régulièrement de son ami Bobby qui évoluait dans la musique entre la France et la Suisse. Et il en faisait de même en parlant régulièrement à Bobby d’un certain « Tehui » avec qui il avait beaucoup de points communs. J’ai été de suite séduit par l’univers musical de Bobby  et après quelques années pendant lesquelles on se suivait et s’appréciait musicalement nous avons commencé à échanger début 2020  et tout de suite le feeling est passé et vous connaissez la suite. J’en profite pour remercier cet ami « commun » ; monsieur Karamoko Mapheba un pilier.

 

Pensées Noires : Cette chanson a une histoire, composée par Dj Khalif beatmaker et Dj HipHop, les scratchs sont signés de Dj Diese, le mix a été fait à Abidjan et le mastering au Pays-Bas, le résultat aujourd’hui est-il à la hauteur de vos attentes?

Je suis très fier et fan de cette chanson. Voir « Bobby Surround » apprécier la composition de mon DJ KHalif et voir Khalif laisser le DJ de Bobby (Dj Dièse) faire les scratchs est pour moi le symbole de cette collaboration. Personne n’a voulu tiré la couverture sur lui ou son équipe et au final tout le monde se sent concerné ; est heureux et très fier du résultat.

 

Pensées Noires : La thématique de « Je rentre ou pas » est profonde, on aurait aussi bien pu dire « je reste ou pas » en référence à cette jeunesse africaine qui veut quitter le continent, ces questions ne laissent-elles pas apparaitre le mal être de cette génération africaine ? Si oui comment changer les choses ?

Il y’ a clairement un mal être de cette génération africaine déçue des promesses non réalisées des dirigeants vestiges de systèmes issus des indépendances africaines. Cette génération est instruite et très ouverte sur le monde mais fait face à un mur de chômage ; à une absence de politique sociale et d’insertion professionnelle et ce mur devient le mur des lamentations. Après les pleurs ils deviennent prêts à tout et choisissent parfois des solutions dangereuses (arnaques pour accéder à une vie de « rêve » ; migration irrégulière etc). Il n’ y a pas de solution miracle mais il y’ a un déficit de volonté politique. L’éducation est le point de départ. Dans les années 80 des étudiants européens faisaient leurs études à l’université d’Abidjan. Aujourd’hui cela ressemble à un scénario de film de science fiction. Il faut avoir la volonté de bien former les élites de demain afin que celles-ci créent des projets et opportunités d’emplois demain. Des générations instruites et bien formées vont construire une Afrique selon leurs aspirations. Il faut avoir la volonté de former des élites et non la peur qu’elles demandent des comptes. Bétail électoral ou élite ?

 

Pensées Noires : « je rentre ou pas » est-il annonciateur d’autres projets avec Bobby Surround ou d’autres ?

Tehui : Je suis en studio depuis quelques temps déjà pour mon prochain album et ce single était pour moi l’occasion de retrouver mon public, aller vers d’autres horizons et monter en puissance jusqu’ à la sortie de l’album. J’ai d’autres surprises déjà prêtes mais je prends le temps de bien faire les choses. Concernant la connexion avec Bobby Surround, les maîtres mots sont « humains » et « feeling ». Cette sortie a été tellement enthousiasmante et naturelle que nous nous disons que tout est possible par la suite. Mais pour l’heure l’objectif et nos efforts sont dédiés à « Je Rentre Ou Pas » afin que cette chanson écrive son « histoire ». Du Nord au Sud.

 

Pensées Noires : Merci Tehui d’avoir été notre invité, pour finir, votre souhait pour ce continent et ses fils et filles.

Tehui : Mon souhait est que les enfants de Mama Africa soient FIERS de leur appartenance à une terre ; une culture ; des valeurs, une histoire. Aujourd’hui l’Afrique est en train d’influencer de façon spectaculaire le monde au niveau de la culture. Des pop stars et acteurs culturels mondiaux viennent en thérapie d’inspiration dans nos pays d’Afrique ou à la rencontre de nos créateurs locaux. Cela doit nous interpeller. Avons-nous quelque chose qui nous échappe. Avons-nous quelque chose que nous utilisons mal, que nous ne valorisons pas ? Au delà de la culture, je souhaite que l’Afrique et ses enfants ne soient plus les spécialistes des systèmes politiques en panne, de l’injustice, de la violence ; des inégalités de richesses. Je rêve que ce continent naturellement riche (sols fertiles ; gisements ; eaux de pêche) puisse nourrir ses enfants et les garder heureux et instruits. Et a chacun de jouer sa partition pour y arriver. On le fait ou pas ?

 

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MAROC / LESS, LE CHANT DU MÉTISSAGE

by

Alain Mouaka

Posté le August 26, 2020 22:10


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Less, de son vrai nom Jordan Marie-Appoline, est un rappeur, auteur et compositeur français de 33 ans. En 2017 Less s'installe à Marrakech. Au fil des années, Less développe son propre univers musical principalement influencé par le rap, la variété et l'afro-beat. En 2020 il sort le single "Pepito" extrait de son premier EP prévu pour Octobre 2020. C’est avec plaisir qu’il s’offre son baptême de feu entre les lignes de Pensées Noires magazine.

 

 

Pensées Noires : LESS merci de plonger dans l’univers de Pensées Noires magazine. Artiste, producteur et visionnaire, présentez-vous à nos lecteurs

Less : Salut Pensées Noires, merci pour l'invitation.
Je suis rappeur, auteur, compositeur, et réalisateur. J'ai sorti deux premiers titres en solo cette année, Pepito et Koloko. En ce moment je travaille sur plusieurs titres dont quelques featurings...

 

Pensées Noires : Vous êtes Gabonais, Hollandais, Martiniquais et Français avec une tête d’arabe aimez-vous à dire, comment se fait-il que le sang de plusieurs nationalités citées coule t-il dans vos veines ?

Less : Oui c'est vrai, la plupart du temps on me prend pour un marocain (rire). En fait ma mère est hollandaise- gabonaise et mon père Martiniquais Français. Je n’ai pas encore eu la chance de visiter le Gabon et la Martinique, j'espère que ça viendra.

 

Pensées Noires : Vous avez vécu 10ans au Sénégal avant de vivre aujourd’hui entre le Maroc et la France, parlons un peu de votre parcours

J'ai passé mon enfance entre Dakar, Paris et Lisbonne.
Vivre dans des endroits aussi différents ça m'a apporté beaucoup de choses, ça m'a ouvert l'esprit. Dakar et Lisbonne se sont des villes que j'adore, Paris aussi mais pas pour  y vivre...
Aujourd'hui je vis entre la ville rouge et la ville rose, Marrakech et Toulouse. Les gens sont accueillants et c'est des villes supers dynamiques.

 

Pensées Noires : Comment découvrez-vous la musique ?

Mon père était un passionné de musique. Vous écouterez toujours une note de musique à la maison, il écoutait un peu de tout c'était très varié. Du coup je suis tombé amoureux de la musique assez tôt, mais je n’imaginais pas en faire. C'est après la mort de mon père que j'ai commencé à écrire mes premiers textes, vers  l’âge de13 ans. Au fil du temps je me suis crée mon propre univers artistique. Le faire grandir ça a demandé beaucoup de travail. J'essaie de l'embellir, de l'enrichir au maximum, c'est important, c'est l'endroit où je me sens le mieux, où je respire le mieux, j’y passe beaucoup de temps.

 

Pensées Noires : Votre nom est affilié à quelques artistes et pas des moindres, le Marocain Yann’Sine et le sulfureux Dj Tchadien Afrotronix, voulez-vous bien nous parler de vos relations avec ces artistes ?

Afrotronix c'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup, humainement et musicalement, c'est un grand artiste. J'ai eu la chance de réaliser son clip "Oyo", c'est comme ça qu'on s'est rencontré, après  on est resté en contact et on est devenu des potes. Yann'Sine c'est un artiste pour qui j'ai écrit et composé des titres comme "J'essaie". Je lui ai réalisé des clips aussi. C'est un jeune talentueux, il a une voix magnifique. On est parti aux All Africa Music Awards ensemble en 2019 pour le titre "j'essaie" justement, ça se passait à Lagos au Nigeria, on avait eu 3 nominations. Afrotronix aussi était nominé du coup on s'est retrouvé la-bas, c'était un moment super.

 

Pensées Noires : Vous avez sorti il y’a à peine deux semaines un nouveau single baptisé Koloko, il y’a eu bien avant le titre Pepito, de quoi parlent ces deux morceaux ?

Less : Pepito c'est un peu mon alter ego. Je me suis accroché à la musique, mais lui il n’avait pas de rêves, donc il a dérivé. C'est ce qui arrive à plein de jeunes. Des gars plein de volonté, qui n’ont jamais voulu tout ça, mais qui par manque d'amour grandissent avec un trou dans le cœur. Alors bien sûr ils cherchent à le remplir et souvent ils s'auto-détruisent.
Koloko c'est un titre plus fun, plus dansant. C'est l'histoire d'un gars qui tombe amoureux d'une "fille de rêve", elle le rend "kolo koloko". C'est une femme fatale, elle est belle, séduisante, mais elle est vénale, et son but c'est juste de lui prendre de l'oseille, lui il s'en rend pas compte. C'est tourné un peu à la dérision.
Le style c'est vraiment un mélange d'afrobeat et de rap.

 

Pensées Noires : Ces deux titres jouissent de deux registres musicaux bien différents, comment vous définissez-vous musicalement parlant?

Less : Pepito c'est un peu une exception, la plupart de mes titres mélangent le rap, afrobeat et la pop urbaine. C'est cette fusion je pense qui me définit le plus. Mais je n’ai pas envie de me fermer à un style précis, alors il y’aura surement d'autres exceptions.

 

Pensées Noires : LESS vous êtes un métisse fier de l’être, comment vivez-vous votre métissage, et quel est votre regard sur le mal être d’autres métisses qui se disent se sentir comme un étranger une fois les pieds posés sur le sol de leur pays d'origine.

En tant que métisse c'est vrai que tu peux parfois te sentir rejeté dans ton pays d'origine. Mais tu peux te retrouver dans un pays lointain où tu n'as aucune origine et être avec des gens qui te feront sentir comme chez toi. Si tu te sens comme un étranger c'est que tu es mal entouré. Et pour les personnes que tu ne connais pas, qui portent des jugements rapide sur toi ce n’est pas très grave, ce n’est pas vraiment de la méchanceté, c’est plus de l'ignorance. C'est plus dans la musique que je le ressens, quand tu mélanges plusieurs styles, que tu n'es pas dans une catégorie précise, tu es plus difficilement accepté. Faut juste être patient, je sais que certaines faiblesses d'aujourd'hui sont les grandes forces de demain.

 

Pensées Noires : Pensez-vous que la société contemporaine a perdu un peu de son amour pour l’autre ?

Je pense qu'il y’a toujours eu des bons et des mauvais, des personnes généreuses et des égoïstes. Le problème c’est peut être que les médias véhiculent bien plus de mauvaises news que de bonnes. C'est ce qui leur fait vendre. Du coup on a l'impression que le monde est rempli de haine, alors que si je regarde autour de moi je vois beaucoup d'amour.

 

Pensées Noires : cette pluralité d’appartenance joue t-elle sur  votre musique ?

Avoir assimilé plusieurs cultures différentes ça joue un rôle très important dans ma musique. C'est ce qui a amené ce mélange d'afro et de rap que je fais aujourd'hui. Mais j'écoute beaucoup de style différent, beaucoup de rap américain aussi, il y’a beaucoup d'artistes de cultures différentes qui m'ont aussi inspiré.

 

Pensées Noires : Le titre Koloko fait suite à Pepito, doit-on comprendre que vous travaillez sur un projet d’album ou autre chose ?

Less : Oui il y’a plusieurs titres qui sont en préparation. Je vais sortir quelques singles et sûrement  mon EP en octobre. En ce moment j'avance pas mal j'espère pourvoir sortir un album début 2021.

Pensées Noires : Le monde connait depuis ces derniers mois une crise sanitaire sans précédent peut-on dire, comment vivez-vous ces moments difficiles dus à la pandémie à coronavirus ?

On est entrain de vivre un moment difficile de l'histoire. Mais l'histoire se répète, il y’a toujours des hauts et des bas. Il semblerait qu'on soit dans le bas en ce moment. C'est un moment qu'il faut supporter. Pour beaucoup d'entre nous c'est quelque-chose qu'on arrivera à surmonter mais pour d'autres c'est terrible, l'impact économique est violent. Heureusement il y’ a des actions de solidarité mais ça ne sera pas suffisant, beaucoup trop vont en souffrir et en souffrent déjà.
De mon côté j'essaie d'être prudent et comme tout le monde j'espère que ça passera vite, enfin comme tout le monde, presque tout le monde. Toute crise profite à quelqu'un...

 

Pensées Noires : LESS merci d’avoir partagé de votre temps avec les lecteurs de Pensées Noires magazine, que les énergies positives du continent vous portes dans l’accomplissement de vos projets et pour finir quel est votre souhait pour ce monde

Less : Marc Aurèle disait
"Donnez moi la force de supporter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre», voilà ce que je pourrai souhaiter pour ce monde. Merci à toute l’équipe de Pensées Noires pour l’invitation. Un gros big up à tout le monde. Prenez soin de vous.

 

Less - Koloko 

https://www.youtube.com/watch?v=tY0MS6sQrdo

 

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TOGO / AMEN VIANA, UNE VIE À GUITARE.

by

Alain Mouaka

Posté le August 24, 2020 19:48


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C’est des sulfureux guitaristes de sa génération. Une vie dédiée à l’un des coups de foudre  de sa vie, sa guitare. De l’Afrique aux Etats-Unis en pensant  par l’Europe où il vit, Amen Viana séduit son public avec brio. Auteur, compositeur , le digne fils de la terre des éperviers d’Afrique est l’invité de Pensées Noires magazine.

 

Pensées Noires : Amen Viana merci de répondre par l'affirmative à l'invitation de Pensées Noires magazine pour le bonheur des mélomanes

Amen Viana : Merci à toute l’équipe de Pensées Noires magazine pour l’invitation. Je suis ravi de pouvoir y répondre.

 

Pensées Noires : Vous êtes en séjour sur la terre de tes aïeux, le Togo votre pays, un hommage a été rendu à l'un des tes mentors il y’a deux semaines le regretté Jimi Hope, comment s'est passé cet hommage ?

Amen Viana : Oui, nous avons fait un concert hommage à Jimi Hope  pour l’anniversaire de sa disparition. Beaucoup de musiciens étaient présents pour honorer sa mémoire. C’était une très belle soirée.

 

 Pensées Noires : Un nouveau titre fait étalage de votre don de soi qui n'est plus à prouver, quel en est le message ?

Mon nouveau single s’appelle « Brother » et parle de la solidarité au sens large du terme. Nous vivons une période difficile et nous nous devons tous de tendre la main les uns aux autres.

 

Pensées Noires : Votre univers musical reste très métissé afro, Electric, rock, travaillez-vous sur un nouveau projet d'album?

Oui, je travaille sur un nouvel album et ce titre en est le premier extrait. Cette situation liée au coronavirus nous a tous ralenti au niveau des concerts mais j’en ai profité pour avancer sur mes projets en restant à la maison.

 

Pensées Noires : Nous avons accueilli avec une grande joie une nouvelle vous concernant, vous accompagnez sur scène et en tournée  la star française Christophe Maé , dites nous en un peu plus.

Amen Viana : J’ai rencontré Christophe Maé l’année dernière pendant les séances studio de son nouvel album. C’est une belle rencontre et nous avons des projets ensemble à venir.

 

Pensées Noires : Comment on en arrive dans sa musique à telle accomplissement et quels conseils donnerais-vous  aux artistes basés en Afrique qui rêvent de voir leurs carrières exploser?

Amen Viana : Je suis arrivé à ce stade de ma carrière par la force du travail et de la persévérance. Aujourd’hui les jeunes ont plus de chance et d’outils grâce à internet. Mais parfais le piège et de vouloir aller trop vite. Il ne faut pas chercher la facilité. Il faut travailler sans relâche. C’est la clé !

 

 Pensées Noires : Amen Viana à chaque venue au pays vous menez toujours des  actions humanitaires ça et là, est -ce d'actualité cette fois ci?

Oui, c’est important pour moi à chaque fois que je reviens d’apporter quelque chose aux plus jeunes et d’aider à construire quelque chose. Lors de mes récents voyages j’ai été dans mon ancienne école primaire pour sensibiliser les enfants et leur parler de mon expérience pour qu’ils n’abandonnent pas leurs rêves. Cette fois ci c’est différent. Je suis rentré pour travailler avec des danseurs et apporter quelque chose de nouveau à ma musique.

 

Pensées Noires : Revenons à cette situation de crise sanitaire à coronavirus, quel enseignement avez-vous tiré de cette pandémie si enseignement il' y’a ?

J’en ai tiré qu’il est important d’avoir ses propres projets et c’était l’occasion de s’y consacrer en attendant la reprise. Car en temps normal c’est dur de trouver le temps en étant sur la route.

 

Pensées Noires : Pour finir Amen Viana, On parle beaucoup d'un réveil des communautés noires du monde, est –ce un vent que vous percevez en France où vous vivez? Et pensez-vous que  les Africains ignorent la valeur de leur continent ?

Amen Viana : On vit une époque particulière avec la communauté noire. Ce réveil ne date pas d’aujourd’hui mais il est juste beaucoup plus étendu grâce aux réseaux sociaux. Je ne pense pas que les africains qui vivent en Europe oublient leur continent mais c’est justement le combat qu’il faut continuer à mener. Il faut qu’on arrive à préserver l’intégrité du continent. Cela passe par l’affirmation de nos valeurs. Merci à Pensées Noires magazine pour cet instant d’échange et bon vent à l’Afrique.

 

Amen Viana "Brother"

(https://www.youtube.com/watch?v=5zg5eEx6oqk)

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